En art le degré zéro du signe n'annule pas la signification. La littérature va vers son essence, la disparition [Barthes, Blanchot, Genette]
"...cette vérité dégagée par Roland Barthes, qu'en art il n'est pas de degré zéro, ou plutôt qu'en art (comme dans le langage, d'ailleurs) le degré zéro du signe n'annule pas la signification, et qu'une absence d'oeuvre peut valoir pour une oeuvre, comme une absence de mot peut valoir pour un mot.
On savait déjà que l'art récupère inlassablement dans son système tout ce qui veut en sortir, restituant le Nouveau Roman au roman, l'Antithéâtre au théâtre et la Nouvelle Vague au vieil Océan.
On savait que le blanc est une couleur, que le silence appartient à la musique et la marge au poème, et que le chef-d'oeuvre de Rimbaud est sa fuite au Harrar.
L'art et la littérature usaient de plus en plus de ces ressources négatives, et Maurice Blanchot pouvait annoncer : "La littérature va vers son essence, qui est la disparition.""
Gérard Genette, Figures IV, page 48
"Une exposition d'avant-garde", NRF novembre 1961.


