Avoir écrit La Reine Morte suffit à justifier une vie - Maurice Maeterlinck
« Avoir écrit La Reine Morte suffit à justifier une vie » [Maurice Maeterlinck]
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Julien Green : "Tout à l'heure, R. me parlait de La Reine Morte et me disait : "Comme cela m'agace d'entendre les gens répéter qu'il y a dans cette pièce avant tout du verbalisme. Il y a l'admirable analyse du personnage de Ferrante, sans compter l'Infante et le curieux Egas Coelho. On ne parle que de beauté verbale. Il y a aussi la psychologie. Dans Hugo, il n'y a que le verbalisme et rien d'autre."
- Mais, lui dis-je, le verbalisme peut être d'une grande qualité. Il y a un certain verbalisme chez Valéry".
Sans doute. Et puis, il y a le verbalisme de Rabelais, mais on veut réduire le talent de Montherlant à peu de chose, et aussi peu de chose que possible. On est très injuste".
Julien Green, Journal, années 1946-1950
Cité par Henri Perruchot, Montherlant, page 249
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"L'abîme intérieur de Richard III paraît simple auprès de celui du roi Ferrante. Seul Dostoïevski a creusé des gouffres analogues. C'est le plus noble effroi que la forme tragique puisse créer."
H.R. Lenormand,
cité par Pierre Sipriot, Montherlant sans masque,
tome II : "Ecris avec ton sang", page 197
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"Comme une table tient debout sur ses quatre pieds, La Reine Morte tient debout sur quatre thèmes :
1° la déception du roi Ferrante devant son fils devenu médiocre
(thème de tendresse),
2° l'amour d'Inès pour son mari et pour son fils à venir
(thème de tendresse),
3° l'attrait passionné de l'Infante pour Inès
(thème de tendresse),
4° la scène finale où Ferrante fait tuer Inès par vanité (ses ministres lui ont reproché sa faiblesse. Ah! je suis faible ? Eh bien! on va voir ça!), et par une double exaspération :
l'exaspération que la jeunesse cause aux vieux messieurs,
l'exaspération de voir Inès éblouie si naïvement par son fils futur, alors que lui a raté le sien.
Les psychologues ne font pas une part assez grande à l'exaspération. L'exaspération entre gens qui s'aiment, et qui peut les mener au pire, autant que la haine.
La Raison d'Etat, que le roi met en avant, n'est pas une des causes de son acte. S'il avait agi par politique, c'est son fils qu'il eût fallu tuer. Mais les grands vieillards ont des erreurs de jugement."
Henry de Montherlant, Les Nouvelles Littéraires, 22 septembre 1966
cité par Pierre Sipriot, Montherlant sans masque,
tome II : "Ecris avec ton sang", page 213


