L'autre monde des héros de Robert Bresson
"Dans les films de Bresson, un être vit, sent, agit et raisonne d'une manière tout à fait singulière par rapport à ceux qui l'entourent.
Il est comme dans un autre monde, régi par un système de valeurs et de pensées différent.
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Bresson fait le vide autour de ses héros, comme ses héros ne consentent à voir dans le monde que ce qu'ils veulent et recherchent.
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L'accomplissement ne peut donc être trouvé qu'en soi. Dehors, c'est la prison du monde.
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Ils sont bloqués au niveau du moindre essai d'échange ou de dialogue, semblant toujours se parler à eux-mêmes sans chercher vraiment à s'adresser à quelqu'un dans un monde de bourreaux et de victimes où chacun veut utiliser l'autre jusqu'à ce que le suicide constitue un terme logique, parfois terriblement doux.
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Il est possible de voir dans presque tous les films de Bresson un chemin de croix.
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Les intrigues progressent, sur un rythme syncopé, par épisodes successifs qui sont comme les stations d'un calvaire et non par un enchaînement fatal comme celui de la tragédie antique."
Extrait des pages 9 à 12 de "Robert Bresson. L'aventure intérieure",
par René Prédal. Numéro spécial L'Avant-Scène Cinéma, nº 408/409, Janvier Février 1992
Anne Wiazemsky tenant l'argent contre soi avant de le rendre.
Au hasard Balthazar, Robert Bresson


