critique de film

Vincent Amiel : “Notes sur le cinématographe” de Robert Bresson (Cours de cinéma)

présenté par Vincent Amiel, au Forum des Images, vendredi 20 novembre 2009

Critique à Positif et professeur à l’université de Caen, Vincent Amiel a publié plusieurs essais dont “Robert Bresson” avec Gérard Pangon (Éd. Arte, 1997) et “Le Corps au cinéma : Keaton, Bresson, Cassavetes” (Éd. PUF, 1998).

“Le cinématographe est une écriture avec des images et des sons”. Robert Bresson précise dans ce recueil sa vision du cinéma sous forme de conseils adressés autant à lui-même qu’aux autres cinéastes. Le refus de la psychologie, l’acteur comme modèle, Bresson défend le “cinématographe” contre “le cinéma”, qui ne serait que du théâtre filmé.





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Video Interview Donald Richie : Robert Bresson, Au Hasard Balthazar

Interview film scholar Donald Richie : Robert Bresson, Au Hasard Balthazar





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La diction chez Robert Bresson - L'égalisation des syllabes - l'abîme neuf qu'accuse ce retrait de l'énonciation sur les contenus

Vidéo : Extrait d'Une femme douce, de Robert Bresson.
Avec Dominique Sanda.
La diction des comédiens chez Shakespeare.

La diction chez Robert Bresson.

"L'égalisation des syllabes, c'est-à-dire la soustraction de la signification intentionnelle du texte lui-même, l'absence de destinataire dans l'élocution - "se parler à soi-même" [conseil de Bresson aux modèles], la répétition des phrases, encore reprise à la postsynchronisation, vise une absence de réverbération dans la voix, identique à celle de l'image de soi dans le tournage.

...

On parle beaucoup de ce qu'enlève une telle technique, moins de ce qu'elle apporte :

... l'abîme neuf qu'accuse ce retrait de l'énonciation sur les contenus."

Robert Bresson, de Philippe Arnaud, page 77





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André Bazin et les Dames du Bois de Boulogne de Robert Bresson : dialogue racinien

"Il n'a fallu que le bruit d'un essuie-glace d'automobile sur un texte de Diderot
pour en faire un dialogue racinien"

"Dans Les Dames du Bois de Boulogne, Bresson a spéculé sur le dépaysement d'un conte réaliste dans un autre contexte réaliste. Le résultat, c'est que les réalismes se détruisent l'un l'autre, les passions se dégagent de la chrysalide des caractères, l'action des alibis de l'intrigue, et la tragédie des oripeaux du drame. Il n'a fallu que le bruit d'un essuie-glace d'automobile sur un texte de Diderot pour en faire un dialogue racinien."

André Bazin,
Le "Journal d'un curé de campagne" et la stylistique de Robert Bresson,
Cahiers du Cinéma, n°3, juin 1951

André Bazin, Qu'est-ce que le cinéma ?, page 112





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Robert Bresson: "Le mal déboule, vertigineux. La vie est presque entièrement faite de hasards."

VIDEO : ROBERT BRESSON - L'ARGENT

Jean Sémolué: "Dans L'Argent plus encore que dans Balthazar, on va, semble-t-il, "au hasard".

"La vie est presque entièrement faite de hasards", déclare d'ailleurs Bresson à propos de son film.

La diversité de lieux hétérogènes (...) retient moins que le passage perpétuel d'un lieu à un autre. La forme du passage prend une valeur en elle-même.

Dans L'Argent, aboutissement exemplaire, Bresson ne s'accorde aucune harmonie préétablie. Aucun de ses films, même Balthazar, ne rassemble autant d'êtres différents, par leur âge, leur caractère, leur profession, leur éthique; aucun ne réunit des lieux et des objets aussi peu disposés à jouer ensemble; et aucun ne transforme davantage le morcelé en continu, le dissonant en concertant.

... Le va-et-vient devient processus, crée une attente : il doit arriver quelque chose.

... L'assassin ne sait pas quelle vétille a donné naissance aux catastrophes qui l'ont frappé.

- "Tu attends."
- "C'est tout ?"
- "C'est tout."

...

"Le mal déboule, vertigineux. Pour une petite faute - passer un faux billet, qu'est-ce pour des enfants ? - le démon surgit." (Robert Bresson)

L'argent s'installe et circule dans les images du film comme dans notre vie. Moyen de communication dont les hommes civilisés ne peuvent se passer, il renforce entre eux l'incommunicabilité. Il ouvre la voie, mais il barre le chemin. Il ferme visages et coeurs. Il fait de qui le touche un obsédé, un malade, un fou.

...

L'argent l'a perdu ; il va perdre les autres, pour l'argent.

...

La phrase finale d'Yvon rappelle l'aveu de Raskolnikov:

"C'est moi qui ai tué, à coups de hache, pour les voler, la vieille femme de fonctionnaire et sa soeur Lisaveta."

...

Ce qu'écrit Hector Bianciotti dans Sans la miséricorde du Christ : "Nous ne savons pas pourquoi nous agissons ; la vie se sert de nous pour faire des échanges qui nous dépassent.""

(Jean Sémolué, Bresson ou l'acte pur des métamorphoses, Flammarion )

ROBERT BRESSON L'ARGENT AFFICHE DU FILM PAR SAVIGNAC

1983 : L'Argent (Money)

Réalisateur    Robert Bresson   
Scénario    Robert Bresson   
Auteur de l'oeuvre originale    Léon Tolstoï    d'après la nouvelle "le Faux coupon"
Société de production    Eôs Films (Chêne-Bourg)   
Société de production    Marion's Films   
Société de production    FR3 Cinéma   
Producteur délégué    Jean-Marc Henchoz   
Producteur exécutif    Antoine Gannage   
Distributeur d'origine    AMLF (Paris)   
Directeur de la photographie    Pasqualino De Santis   
Directeur de la photographie    Emmanuel Machuel   
Ingénieur du son    Luc Yersin   
Ingénieur du son    Jean-Louis Ughetto   
Mixeur    Jacques Maumont   
Décorateur    Pierre Guffroy   
Assistant-réalisateur    Thierry Bodin   
Assistant-réalisateur    Mylène Van der Mersch   
Assistant-réalisateur    Pascal Bony   
Monteur    Jean-François Naudon   
Effets sonores    Daniel Couteau

Christian Patey    (Yvon Targe)
Sylvie Van den Elsen    (La petite femme)
Michel Briguet    (Le père de la petite femme)
Caroline Lang    (Elise Targe)
Vincent Risterucci    (Lucien)
Béatrice Tabourin    (La photographe)
Didier Baussy    (Le photographe)
Marc-Ernest Fourneau    (Norbert)
Bruno Lapeyre    (Martial)
André Cler    (le père de Norbert)
Claude Cler    (la mère de Norbert)
François-Marie Banier    (le compagnon de cellule d'Yvon)
Jeanne Aptekman    (Yvette)

* R1/NTSC (US): Rights held by New Yorker
* R2/PAL (France): Box Set MK2
* R2/PAL (UK): To be released by Artificial Eye 05/23/05

Présent dans le Coffret Bresson 4 DVD MK2 :
Pickpocket (2 DVD); Le Procès de Jeanne d'Arc ; L'Argent





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15000 SCENARIOS : Que retenir d'une vie pour en faire une histoire ? Que retient une histoire d'une vie ?

...les hommes sont des débiles, les femmes des nymphomanes...

Il faut lire et relire le Guide cinéma de Télérama... (Edition 2009, 1700 pages)

Plus qu'un guide des films : un panorama des situations humaines, réduites aux synopsis des scénaristes et conteurs d'histoires.

Que retenir d'une vie pour en faire une histoire ?
Que retient une histoire d'une vie ? D'un enchevêtrement de vies ?

15000 films, 15000 synopsis critiques : 15000 façons de faire de la vie une histoire, 15000 regards critiques sur ces histoires.

Aux deux extrêmes,

de l'intrigue premier degré :

Comment draguer toutes les filles
Michel Vocoret | 1981 | France | 95' |
Yves Thuillier, Emmanuel Karsen

"Papa a du fric. Fiston va draguer à Deauville. Ses deux copains aussi. Celui qui aura conquis le plus de nanas ira se reposer au Maroc, tous frais payés... Triste vision de l'humanité : les hommes sont des débiles, les femmes des nymphomanes. Très vite, les quelques gags versent dans la vulgarité franchouillarde."
P.M.

à l'absence d'intrigue la plus sublime :

Gens de Dublin TTTT
John Huston (The Dead) | 1987 | GB | 85' |
Angelica Huston, Donal McCann, Helene Carroll, Cathleen Delany

"Un jour, la neige recouvrira les vivants comme déjà elle recouvre les morts, ces morts du titre original. En attendant, dégustons ensemble l'oie de Noël et les souvenirs, le bon jambon, le pudding, les chocolats et les potins qui vont avec. Nous sommes en 1904, dans une maison irlandaise, chez tante Kate et tante Julia ; dix convives à peine, qui se chamaillent avec affection, avec drôlerie. Rien d'important ne se dit. L'essentiel pourtant : que le temps file, entre les mots, les silences et l'air d'une chanson d'autrefois. C'est le sens du dernier quart d'heure, monologue d'amour qui n'est pas loin de surpasser en émotion tout ce que le cinéma nous a offert de pleurs depuis ses origines. Quand il signe, à 81 ans, ce testament à l'Irlande, à sa jeunesse, à sa famille et à la vie, Huston est sous perfusion dans un fauteuil roulant. La maîtrise dans les choix esthétiques, cependant, est absolue. Et l'épilogue terrasse par sa musicalité, sa profondeur, sa beauté blanche. Comme Proust ou Joyce, dont il adapte fidèlement une des dernières nouvelles, on garde pour toujours, à portée de main et de coeur, ce chef d'oeuvre, libre de toute intrigue et si complexe dans sa simplicité."
M. Gri
Film Télérama 1988 (Critiques)
Prix de la critique française 1988





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JACQUOT - Cette obsession de filmer l'innocence dans un monde vil, souillé, où tout s'achète, se négocie et se vend

Xavier Lardoux : "La Fille seule apparaît comme le deuxième film de "jeune fille" de Benoît Jacquot, cinq ans après La Désenchantée (avec Judith Godrèche) et dix ans avant A tout de suite (avec Isild Le Besco).

Comme ces deux autres films, La Fille seule s'appuie sur son actrice principale, Virginie Ledoyen, âgée de dix-huit ans seulement, et à qui le cinéaste a confié l'enjeu du film (la comédienne magnifique de dureté et de fragilité est à l'écran à chaque plan).

Ce qui frappe le plus, c'est cette obsession de filmer l'innocence dans un monde vil, souillé, où tout s'achète, se négocie et se vend.

...

"Je dois à Bergman l'idée de la Fille seule, disait Benoît Jacquot. C'est le voeu de faire un film où on suivrait quelqu'un en durée réelle, sans le lâcher d'un pouce, un film où la caméra colle à un personnage.""

Xavier Lardoux, Le cinéma de Benoît Jacquot, pages 70-71.

VIDEO : LA FILLE SEULE, VIRGINIE LEDOYEN - UN FILM DE BENOIT JACQUOT

Coffret DVD Benoît Jacquot : A tout de suite - La fille seule - La désenchantée





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Céline Sallette



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