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La diction chez Robert Bresson - L'égalisation des syllabes - l'abîme neuf qu'accuse ce retrait de l'énonciation sur les contenus

Vidéo : Extrait d'Une femme douce, de Robert Bresson.
Avec Dominique Sanda.
La diction des comédiens chez Shakespeare.

La diction chez Robert Bresson.

"L'égalisation des syllabes, c'est-à-dire la soustraction de la signification intentionnelle du texte lui-même, l'absence de destinataire dans l'élocution - "se parler à soi-même" [conseil de Bresson aux modèles], la répétition des phrases, encore reprise à la postsynchronisation, vise une absence de réverbération dans la voix, identique à celle de l'image de soi dans le tournage.

...

On parle beaucoup de ce qu'enlève une telle technique, moins de ce qu'elle apporte :

... l'abîme neuf qu'accuse ce retrait de l'énonciation sur les contenus."

Robert Bresson, de Philippe Arnaud, page 77





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Dominique Sanda is hopelessly tantalizing - ROBERT BRESSON'S A GENTLE WOMAN (UNE FEMME DOUCE)

ROBERT BRESSON'S A GENTLE WOMAN (UNE FEMME DOUCE) DOMINIQUE SANDA

ROBERT BRESSON'S A GENTLE WOMAN (UNE FEMME DOUCE) DOMINIQUE SANDA

"ABSOLUTELY FASCINATING!
Dominique Sanda is hopelessly tantalizing"
- THE HOLLYWOOD REPORTER

ROBERT BRESSON'S A GENTLE WOMAN (UNE FEMME DOUCE)
NEW YORKER VIDEO

-> VIDEO : UNE FEMME DOUCE - ROBERT BRESSON - DOMINIQUE SANDA





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Lumière et passage

"Vouloir traverser une vitre comme un insecte qui ne comprend pas l'obstacle et ne peut séparer lumière et passage."

Bios, 769 - Paul Valéry

Une femme douce, Robert Bresson.
Dominique Sanda face à la fenêtre de sa liberté.





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ROBERT BRESSON : tourner pour découvrir la matière dont ils sont faits, ce coeur du coeur

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE DOMINIQUE SANDA

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE DOMINIQUE SANDA

La femme : "C'est la même matière première pour tous, mais arrangée différemment.
Pour une souris, pour un éléphant, pour un homme."

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE DOMINIQUE SANDA GUY FRANGIN

L'homme : "Tu avais raison, c'est les mêmes matières premières pour tous, c'est extraordinaire."

Dominique Sanda & Guy Frangin, UNE FEMME DOUCE, ROBERT BRESSON

"Ne pas tourner pour illustrer une thèse, ou pour montrer des hommes et des femmes arrêtés à leur aspect extérieur, mais pour découvrir la matière dont ils sont faits.

Atteindre ce "coeur du coeur", qui ne se laisse prendre ni par la poésie, ni par la philosophie, ni par la dramaturgie."

Robert Bresson, Notes sur le cinématographe





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Bresson nous montre pour la première fois son héroïne (Dominique Sanda) nue, comme une statue ou une morte

"Dominique Sanda.

Sa beauté émouvante ne change rien à l'effet de tristesse infinie qui émane d'elle dès la première apparition :

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA NUE
une pâleur de morte, une évanescence de noyée au fil de l'eau (elle évoque Ophélie bien avant qu'on assiste à une représentation d'Hamlet).

Bresson, continuant de s'enhardir, nous montre pour la première fois son héroïne nue, de face comme de dos, et cette peau si blanche et ces formes parfaites semblent celles d'une statue ou d'une morte.

...

C'est le mari qui raconte l'histoire, au passé...

L'histoire sera racontée aux côtés d'une morte,

mais n'était-elle pas déjà morte lorsqu'elle "vivait" dans l'enfer d'un monde où ne souffle aucun "vent", aucun esprit, d'un monde où "le Christ est séparé du métal" (comme il est dit dans le film),

cet or qui a pris tout le contrôle de l'organisation de l'existence.

La charité n'est qu'une ruse ou une faiblesse et, moins qu'une histoire de jalousie, il s'agit d'un drame de possession, de la part de ce prêteur qui ne sait qu'attribuer un prix à chaque chose, et voudrait aussi s'approprier sa femme."

Extrait de ROBERT BRESSON de Jean-Michel Frodon, Collection Grands Cinéastes, Cahiers du cinéma

Illustrations Films7, captures de Une femme douce.

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE

"L'or m'intéresse. Il vaudrait mieux que vous gardiez le Christ et que je prenne le métal".

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA NUE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA NUE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA NUE

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA NUE

Bresson nous montre pour la première fois son héroïne nue,
de face comme de dos, et cette peau si blanche et ces formes parfaites
semblent celles d'une statue ou d'une morte.

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE - DOMINIQUE SANDA

Le mari: L'argent m'appartient.

La femme: Peut-être, mais il ne te donne aucun droit sur moi.

Le mari: J'ai bien le droit d'assurer notre existence.

La femme: N'essaie pas de me dominer avec l'argent. Je ne veux pas, tu m'entends ?

Compléments:

--> Robert Bresson, Une femme douce, Ouverture

--> Robert Bresson, Une femme douce, l'idée ridicule qu'un homme se fait d'une femme

--> La plus attirante des héroïnes de Bresson - Il court à une agence de voyages... A son retour elle est morte

--> BRESSON - Les visages aux yeux baissés de Florence Delay, Marika Green, Anne Wiazemsky, Dominique Sanda ou Isabelle Weingarten

--> La nouvelle qui inspira le film de Bresson: DOSTOIEVSKI, LA DOUCE (Krotkaïa) (texte et version sonore gratuite - audiobook)





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BRESSON - Les visages aux yeux baissés de Florence Delay, Marika Green, Anne Wiazemsky, Dominique Sanda ou Isabelle Weingarten

MARIKA GREEN et ROBERT BRESSON

MARIKA GREEN, Pickpocket, Robert Bresson

ROBERT BRESSON
de Jean-Michel Frodon, Collection Grands Cinéastes, Cahiers du cinéma

"Considéré par nombre de ses pairs comme un maître, adoubé par la critique comme le plus grand cinéaste français, Robert Bresson souvent intimide. Pourtant, dès la première rencontre avec ses films, ils touchent, simplement, par leur bouleversante beauté.

Des Anges du péché à L'Argent, ses treize films, réalisés entre 1943 et 1983, composent une œuvre d'une cohérence exceptionnelle.

Ils scandent aussi la mise au point puis l'accomplissement d'une idée très personnelle du cinéma, dont il a également explicité les principes dans ses Notes sur le cinématographe.

Vibrants plaidoyers pour la vie ou terribles constats sur les désespoirs du monde, ses films ont en commun leur extrême intensité. Cette tension intérieure tient à l'art de Bresson, et en particulier à la manière unique dont il crée ses personnages. Qu'ils soient inspirés d'événements historiques (Procès de Jeanne d'Arc, Un condamné à mort s'est échappé), d'œuvres littéraires (Journal d'un curé de campagne ou Mouchette d'après Bernanos, Une femme douce et Quatre Nuits d'un rêveur d'après Dostoïevski, Lancelot du lac...) ou qu'il s'agisse de scénarios originaux (Pickpocket, Au hasard Balthazar), leur présence illumine l'écran d'un feu singulier.

Chez Bresson, les personnages de femmes, même les bonnes sœurs, les saintes ou les criminelles, sont magnifiques.

Les visages aux yeux baissés de Florence Delay, Marika Green, Anne Wiazemsky, Dominique Sanda ou Isabelle Weingarten sont ineffaçables.

Curé de campagne, résistant emprisonné, chevalier perdu, adolescent révolté contre les horreurs du monde ou innocent poussé au meurtre par trop d'injustice, les hommes brûlent d'une lumière intérieure inoubliable.

Pour le meilleur ou pour le pire, chacun vit ses sentiments jusqu'au bout, chacun prend en main son existence. Cette présence humaine est au cœur du cinéma de Robert Bresson."

Biographie de l'auteur

Jean-Michel Frodon est directeur de la rédaction des Cahiers du cinéma. Il est notamment l'auteur de L'Age moderne du cinéma français, La Projection nationale, Le Cinéma chinois, Horizon cinéma.

DOMINIQUE SANDA Une femme douce Robert Bresson

PHOTO ACTRICE DOMINIQUE SANDA UNE FEMME DOUCE FILM DE ROBERT BRESSON

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DOMINIQUE SANDA, Une femme douce, Robert Bresson





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La plus attirante des héroïnes de Bresson - Il court à une agence de voyages... A son retour elle est morte

DOMINIQUE SANDA - UNE FEMME DOUCE - ROBERT BRESSON

DOMINIQUE SANDA - UNE FEMME DOUCE - ROBERT BRESSON

"La plus attirante des héroïnes de Bresson, dans laquelle Dominique Sanda fut très remarquée, torture son mari plus encore qu'il ne la fait souffrir.

...

Il court à une agence de voyages... A son retour elle est morte.

...

A-t-elle manqué de courage face à un bonheur à construire ?

...

Une femme douce reste du début à la fin le film du doute, des questions sans réponse."

(Jean Sémolué, Bresson ou l'acte pur des métamorphoses, Flammarion )

"Le geste suicidaire reste un phénomène inexplicable d'une soudaineté effrayante", notait Bernanos dans sa Nouvelle Histoire de Mouchette.

"Pourquoi est-elle morte ? Elle a eu peur de mon amour ?

...

Les hommes sont seuls sur la terre, voilà le mal !

... Les hommes sont seuls, environnés de silence. Voilà la terre !"

- Dostoïevski, La douce.

Vidéo : l'ouverture du film de Robert Bresson, Une femme douce (1969)

--> Le texte et sa lecture à haute voix par René Depasse: DOSTOIEVSKI, LA DOUCE (Krotkaïa)





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Céline Sallette



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