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DVD 50 ans de la nouvelle vague, 6 films - Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Alain Resnais, Jacques Rivette

CHABROL : LES BONNES FEMMES

Coffret Nouvelle Vague - 50 ans - 1959-2009

6 DVD, 6 Films :

- A bout de souffle - Jean-Luc Godard
- Les bonnes femmes - Claude Chabrol
- L'Année dernière à Marienbad - Alain Resnais
- Le Mépris - Jean-Luc Godard
- Pierrot le Fou - Jean-Luc Godard
- La Religieuse - Jacques Rivette





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Godard, la mort : les gens se disent: "Après tout, c'est le plus simple de faire ça, après on sera tranquille."

Godard, Le bon plaisir de Jean-Luc Godard, entretien avec Jean Daive, producteur à France Culture, 20 mai 1995:

Jean Daive: ...dans vos autres films, ça meurt beaucoup.

Godard : - C'est une facilité. C'est parfois transformé formellement, mais c'est une facilité qui vient du romantisme. Tous les philosophes l'ont dit.

- ça meurt pour quoi faire ?

- C'est le plus simple, parce qu'on manque d'éducation, et on croit ça. Mais on est aussi responsable des morts réelles après. Parce que les gens se disent: "Après tout, c'est le plus simple de faire ça, après on sera tranquille." Il y a là un manque de générosité qui est explicable, mais ce sont des morts absolument non nécessaires.

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JEAN-LUC GODARD par JEAN-LUC GODARD,
Editions Cahiers du Cinéma 1998, Tome 2, page 314





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Godard : un grand romancier, c'est Mme de La Fayette. Des écrivains, il y en a vingt à tout casser

Godard, Les livres et moi, entretien avec Pierre Assouline:

Godard: "Il n'y a guère que la relecture de classiques qui puisse m'éblouir encore.

(...)

Pierre Assouline: "Mais vous avez au moins essayé d'en lire, des romans français contemporains ?"

Godard: "J'ai essayé. A la gare de Lausanne, j'ai souvent pris des poches sur le tourniquet. Bof...
Je fais quand même des découvertes, Léon Daudet, Alexandre Vialatte, Fernando Pessoa, des gens que j'ai lus sur le tard."

(...)

Pierre Assouline: "Mais qu'est-ce que c'est, un grand romancier ?"

Godard: "C'est Mme de La Fayette. En ce moment, je relis La Princesse de Clèves pour un projet de film sur l'Amour et l'Occident.
Balzac, Stendhal, Flaubert, Tolstoï, Dostoïevski, Dickens, Thomas Hardy, George Meredith, Virginia Woolf, les grands Américains... Voilà des écrivains, il y en a vingt à tout casser. Ils ont un style, c'est-à-dire un endroit où se pose l'âme."

Lire, Mai 1997

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JEAN-LUC GODARD par JEAN-LUC GODARD,
Editions Cahiers du Cinéma 1998, Tome 2, pages 433, 434





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GODARD : cela indignait Bazin que sur un sujet aussi connard, Hitchcock puisse faire un aussi beau film

Jean-Luc Godard:

"Les grands cinéastes que nous aimions ont toujours fait ce qu'ils pouvaient faire.

Einsenstein a fait les films que lui permettait Staline, Hitchcock a fait les films que lui permettait Selznick, et même à certains moments les films que lui permettait le public.

Il a réussi à vaincre le public, Hitchcock, c'est pour ça que c'est un des plus grands. Il a vaincu ce qu'il y avait de mauvais dans le public, en prenant appui sur le mauvais pour le métamorphoser. Cela indignait même certains critiques comme André Bazin (mais pas nous). Je me souviens du fameux baiser entre Bergman et Grant dans Notorious : cela indignait profondément Bazin (*) que sur un sujet aussi connard, il puisse faire un aussi beau film. Nous, on trouvait ça normal, si on peut dire."

JEAN-LUC GODARD par JEAN-LUC GODARD,
Editions Cahiers du Cinéma 1998, Tome 2 page 414

(*) Complément:

Notorious (Les Enchaînés) d'Alfred Hitchcock, la critique d’André Bazin parue dans L’Écran français (n° 142 du 16.3.1948):

“Le scénariste Ben Hecht n’a pas dû se fatiguer pour revoir et augmenter cette traduction en américain de Marthe Richard au service de la bombe atomique...
(...)
La rhétorique d’Alfred Hitchcock est certainement la plus brillante du monde. Nous savons maintenant, du reste, qu’il n’a pas son pareil pour les travellings en spirale et l’expression des mouvements les plus secrets de l’inquiétude et du doute. Il a reculé les limites de la sensibilité de la caméra, au sens où l’on dit d’une balance qu’elle est sensible.

Malheureusement, il y a quelque ridicule à poser, sur ce trébuchet qu’inclinerait une poussière d’or, la vulgaire limaille de fer de ces psychologues de confection.

La caméra subjective, très bien, mais faut-il qu’il y ait un sujet !”. (Source)





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Godard : Le cinéma vous empêche de vieillir. On reste comme un gamin

Godard :

"Le cinéma ... vous empêche de vieillir. On reste comme un gamin.

...Je sors dans la rue, et un gamin bute contre moi et il dit : "Oh pardon Monsieur."

Il est fou de me dire monsieur, je me sens plus petit que lui."

Propos recueillis par Léon Mercadet et Christian Perrot,
Actuel n° 136, octobre 1990.

JEAN-LUC GODARD par JEAN-LUC GODARD,
Editions Cahiers du Cinéma 1998, Tome 2, page 241





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Scénario : Le Mépris - Jean-Luc Godard

"On se demande tout au long du film à quoi pense Camille, et, lorsqu'elle abandonne son espèce de torpeur passive et agit, cette action est toujours aussi imprévisible et inexplicable que celle d'une automobile qui roule sur une belle ligne droite et brusquement quitte la route et s'écrase contre un arbre.

En fait, Camille n'agit que trois ou quatre fois dans le film. Et c'est ce qui provoque les trois ou quatre rebondissements véritables du film, en même temps que ce qui en constitue le principal élément moteur.

Mais contrairement à son mari, qui agit toujours à la suite d'une série de raisonnements compliqués, Camille agit non-psychologiquement, si l'on peut dire, par instinct, une sorte d'instinct vital comme une plante qui a besoin d'eau pour continuer à vivre.

Le drame vital entre elle et Paul, son mari, vient de ce qu'elle existe sur un plan purement végétal, alors que lui vit sur un plan animal.

Si on se pose des questions sur elle, comme le fait Paul, elle, ne s'en pose aucune. Elle vit de sentiments pleins et simples, et n'imagine pas de pouvoir les analyser.

Une fois le mépris pour Paul entré en elle, il n'en sortira pas, car ce mépris, encore une fois, n'est pas un sentiment psychologique né de la réflexion, c'est un sentiment physique comme le froid ou la chaleur, rien de plus, et contre lequel le vent et les marées ne peuvent rien changer ; et voilà comment en fait Le Mépris est une tragédie.

Jean-Luc Godard,

Scénario du Mépris, Ouverture (Extrait)

JEAN-LUC GODARD par JEAN-LUC GODARD,
Editions Cahiers du Cinéma 1998, Tome 1 page 242

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Bernanos, Robert Bresson, Mouchette : A son âge, mourir ou devenir une dame sont deux aventures aussi chimériques

Robert Bresson à Jean-Luc Godard:

"Au lieu de me disperser (si je puis dire, car j'essaie toujours de ne pas me disperser) dans un foisonnement de vies et d'êtres différents, je vais essayer d'être constamment, absolument, sur un visage : le visage de cette petite fille, pour voir ses réactions. Et je prendrai, alors là, oui, la petite fille la plus maladroite, la moins actrice, la moins comédienne (or, les enfants, les petites filles surtout, le sont souvent terriblement). Bref: je prendrai la plus maladroite qui soit, et j'essaierai de tirer d'elle tout ce qu'elle ne soupçonnera pas que je tire d'elle. C'est pour cela que ça m'intéresse, et, évidemment, la caméra ne la quittera pas."
(Cahiers du cinéma n°178, mai 1966)

"A son âge, mourir ou devenir une dame sont deux aventures aussi chimériques", dit le début du livre [de Bernanos]. Ces deux aventures, Mouchette les vit pourtant en quelques heures, sous deux formes atroces: le viol, le suicide."

"Les premiers personnages de Bresson se donnaient un but à atteindre. Dans Mouchette, ni projet ni même vocation ; le personnage n'est plus qu'un destin." (Jean Sémolué, Bresson)

--> VOD ROBERT BRESSON MOUCHETTE

NADINE NORTIER MOUCHETTE ROBERT BRESSON

Robert Bresson à Godard : "je prendrai la plus maladroite, la moins actrice"





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Céline Sallette



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