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Claude Lelouch : J'ai fait mes meilleurs films quand je ne donnais pas le scénario aux comédiens



Claude Lelouch : "J'ai fait mes meilleurs films quand je ne donnais pas le scénario aux comédiens. Quand un comédien n'a pas lu le scénario, on peut pendant le tournage modifier le scénario, ou agrandir son rôle, ou le rétrécir. ça se mérite un rôle. Si on est très très bon, on a envie de ne plus quitter la personne, s'il est très très chiant...

Comme dans la vie on est dans une insécurité totale. L'acteur qui a lu le scénario et sait ce qui va lui arriver ne joue pas pareil."

Entretien avec Claude Lelouch
à l'occasion de la sortie le 13 Avril 2011 de "D'UN FILM À L'AUTRE",
film documentaire et biographique du cinéaste.

Interview: Sylvain Robineau

D'UN FILM À L'AUTRE - Horaires des séances Paris :

UGC Ciné-Cité les Halles
7 place de la Rotonde, 75001 Paris
09:20 11:30 13:45 16:00 18:10 20:15 22:20

Le Cinéma des cinéastes
7 av. de Clichy, 75017 Paris
13:45 15:45 17:45 19:45 21:45

le Lincoln
14 rue Lincoln, 75008 Paris
13:50 15:50 17:50 19:50 21:45





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Fabrice Luchini : Aucun film me donnera le génie du dialogue de Céline






Fabrice Luchini : "Moi j'ai pas d'opinion sur les metteurs en scène. J'ai des opinions sur Philippe Muray, sur La Fontaine, sur Baudelaire, sur Rimbaud, mais je n'ai pas d'opinion sur le cinéma, moi. C'est pas un art que je connais bien. J'adore tourner, mais je n'ai pas d'opinion sur les films. Je vais pas attendre du cinéma ce que me donne Philippe Muray ou Chrétien de Troyes. Aucun film me donnera le génie du dialogue de Céline. Même si Orson Welles m'appelait, ça c'est sûr."





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Eric Rohmer, La Boulangère de Monceau - Scène musicale sans musique

Extrait vidéo : La Boulangère de Monceau, Eric Rohmer

(c) les films du losange : www.filmsdulosange.fr

Michèle Girardon (Sylvie) et Barbet Schroeder (le narrateur).
Voix du narrateur : Bertrand Tavernier

Entretien avec Eric Rohmer,
réalisé par Frank Madlener et Gabriel Leroux :

- Vous dites que les images sont sonores. Y a-t-il dans vos films des scènes, sans musique, que vous trouvez très musicales ?

Rohmer : - "Je pense à une scène d'un de mes films qui a été tourné de façon absolument amateur. C'est l'avant-dernier plan du premier conte moral, La Boulangère de Monceau. Ce film a été tourné avec une caméra de 16 mm à ressort. Le ressort se déroulait pendant 15 secondes. Donc les plans ne durent jamais plus de 15 secondes.

Dans cette scène on entend un commentaire :

"La pluie avait cessé, et la boulangère pouvait sortir et nous apercevoir. Ce trajet me parut interminable."

On voit la rue inoncée par la pluie. La pluie n'était pas prévue à l'origine. Elle est venue pendant qu'on tournait, et on l'a utilisée. Le protagoniste avait donné rendre-vous à la boulangère et, entre-temps, il avait rencontré la fille qu'il cherchait depuis longtemps. Ils s'éloignent tous les deux.

Il y a dans cette vue, avec une photographie un peu grisâtre, avec le sol mouillé, les deux personnes qui s'éloignent, une ambiance musicale. Avec la musique, le plan aurait été gâché. Ce qui le rend beau c'est le silence. Seul se détache le bruit des pas."

Suite de l'entretien : jeanpierreclech.unblog.fr/...

DVD : La Boulangère de Monceau, et Coffret DVD Six contes moraux





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Anne Wiazemsky : Marie est perdue dès le départ, à cause de cette passivité [A propos de BALTHAZAR, de BRESSON]

Anne Wiazemsky parle de son rôle dans le film de Robert Bresson, Au hasard Balthazar,

le personnage de Marie.

"Marie c'est... Au début du film c'est une petite fille. Et à la fin du film c'est encore une petite fille. C'est quelqu'un qui ne pourra jamais être adulte, qui ne sera jamais capable d'un choix, d'un acte raisonné, posé. Elle agit uniquement par instinct, elle se laisse faire, elle subit, quand elle ne subit pas son père c'est parce qu'elle subit Gérard. Et à mon avis elle est perdue dès le départ, à cause de cette passivité. "

François Lafarge parle de son personnage dans le film, Gérard :

"Gérard, devant Marie, trouve une personne qui ne fait pas partie de son univers. Il ne la comprend pas, mais il la désire, pour la détruire. Il veut la détruire parce qu'elle représente quelque chose de relativement pur, et lui-même voudrait bien détruire cela, parce que c'est une image qui lui est insupportable."





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Michel Bouquet : Je n'ai pas un public énorme mais il n'est pas là par hasard. Ils savent très bien qu'il va falloir ouvrir ses oreilles

Michel Bouquet : "Je n'ai pas un public énorme. Maintenant que je vais bientôt disparaître - et j'en suis content - je peux l'évaluer entre 70 000 et 120 000 personnes pour le théâtre et au cinéma entre 400 000 et 600 000.
...
C'est un public fidèle. Il n'est pas là par hasard. Je peux leur balancer Ionesco ou Beckett ou Molière ou Thomas Bernhardt, ils savent très bien qu'il va falloir ouvrir ses oreilles. Mais ça me suffit amplement. Je n'ai pas besoin de millions et de millions. Ca ne m'intéresse pas."

Long entretien avec Michel Bouquet et Fabrice Luchini à lire dans L'Express : Bouquet / Luchini, l'interview croisée, Par Laurence Liban

Voir aussi : Fabrice Luchini : En trente ans, je n'ai fait qu'une seule action : lire les grands textes. Non mais vous entendez comme c'est écrit !

MICHEL BOUQUET - Le Malade imaginaire, Théâtre de la Porte Saint Martin Paris (Xème). Jusqu'au 4 janvier.
http://www.portestmartin.com/

FABRICE LUCHINI - Le Point sur Robert, Espace Cardin, Paris (VIIIème).
Du 20 décembre au 20 janvier.
http://www.pierrecardin.com/Dculture/espace_cardin_gb.html

Le Malade imaginaire de Molière
Mise en scène Georges Werler Avec Michel Bouquet

Michel Bouquet est le malade imaginaire





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Fabrice Luchini : En trente ans, je n'ai fait qu'une seule action : lire les grands textes. Non mais vous entendez comme c'est écrit !

Fabrice Luchini Le point sur Robert
Espace Pierre-Cardin Paris - 3, avenue Gabriel 75008 Paris
du 22/12/2009 au 31/12/2009 dimanche: 17h00

FABRICE LUCHINI - CELINE BAUDELAIRE PROUST FLAUBERT NIETZSCHE

Long entretien avec Fabrice Luchini à lire dans L'Express.

Extrait :

"Prenez La Fontaine :

"Une tortue était, à la tête légère, qui, lasse de son trou, voulut voir le pays..."

Si ce texte n'éveille pas en vous tout ce qu'il y a de burlesque, d'inquiétant, de prodigieux... Mais c'est le texte de La Fontaine qui fait ça, pas la diction de Luchini ! Moi, je ne fais que le faire résonner.

(...)

En trente ans, je n'ai fait qu'une seule action : lire les grands textes. Mais il faut avoir une nature suffisamment ébranlée et douloureuse pour être acteur.

(...)

Revenons à La Fontaine :

"Certain ours montagnard, ours à demi léché."

Ours à demi léché. Formidable ! On ne sait pas : il n'est pas mal léché, il n'est pas bien léché, il est "à demi" léché. Ça a l'air de rien mais c'est une nuance.

"Certain ours montagnard, ours à demi léché, [...] Nouveau Bellérophon vivait seul et caché. Il fût devenu fou, la raison d'ordinaire n'habite pas longtemps chez les gens séquestrés. Il est bon de parler, et meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés."

Non mais vous entendez comme c'est écrit ! Ce n'est pas écrit, c'est autre chose !... Là où les écrivains écrivent, La Fontaine, lui, est dans le nerf ! C'est du miracle. Il n'y a aucune rhétorique.

En ce moment, je travaille Baudelaire. Je prépare un spectacle sur la musique classique et Baudelaire, qui sera un spectacle hyper-pointu, avec du piano, une chanteuse d'opéra, etc... Je ne suis pas fou de Baudelaire mais je suis fasciné par la belle oeuvre, le bel ouvrage :

"Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; adieu vive clarté de nos étés trop courts ! J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres le bois retentissant sur le pavé des cours. Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère, haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé, et, comme le soleil dans son enfer polaire, mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé. J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ; l'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd."

Ça, c'est une forme prodigieuse. Mais La Fontaine est supérieur ! La Fontaine est supérieur à Baudelaire parce que ce n'est pas la forme mais l'éblouissement. Baudelaire, c'est le génie de la forme, une ciselure qu'on peut simplement suivre. Mais je crois qu'il faut se méfier du génie de la forme. La Fontaine, on peut l'aborder sans cette méfiance. Sans aucune méfiance :

"Il est bon de parler mais meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'ours habitait, si bien que tout ours qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie."

Vous rendez-vous compte ? "Si bien que tout ours..." D'ailleurs, on ne doit pas dire le s de "ours" :

"Si bien que tout our qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie. Il est bon de parler, meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'our habitait."

A chaque fois il nous en envoie une ! Il y a tout Raymond Devos, en une phrase. Voilà : d'un côté, on a Baudelaire qui est un génie de la forme, de l'autre, on a La Fontaine qui est un génie tout court."





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Vincent Amiel : “Notes sur le cinématographe” de Robert Bresson (Cours de cinéma)

présenté par Vincent Amiel, au Forum des Images, vendredi 20 novembre 2009

Critique à Positif et professeur à l’université de Caen, Vincent Amiel a publié plusieurs essais dont “Robert Bresson” avec Gérard Pangon (Éd. Arte, 1997) et “Le Corps au cinéma : Keaton, Bresson, Cassavetes” (Éd. PUF, 1998).

“Le cinématographe est une écriture avec des images et des sons”. Robert Bresson précise dans ce recueil sa vision du cinéma sous forme de conseils adressés autant à lui-même qu’aux autres cinéastes. Le refus de la psychologie, l’acteur comme modèle, Bresson défend le “cinématographe” contre “le cinéma”, qui ne serait que du théâtre filmé.





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Céline Sallette



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