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Robert Bresson: "Le mal déboule, vertigineux. La vie est presque entièrement faite de hasards."

VIDEO : ROBERT BRESSON - L'ARGENT

Jean Sémolué: "Dans L'Argent plus encore que dans Balthazar, on va, semble-t-il, "au hasard".

"La vie est presque entièrement faite de hasards", déclare d'ailleurs Bresson à propos de son film.

La diversité de lieux hétérogènes (...) retient moins que le passage perpétuel d'un lieu à un autre. La forme du passage prend une valeur en elle-même.

Dans L'Argent, aboutissement exemplaire, Bresson ne s'accorde aucune harmonie préétablie. Aucun de ses films, même Balthazar, ne rassemble autant d'êtres différents, par leur âge, leur caractère, leur profession, leur éthique; aucun ne réunit des lieux et des objets aussi peu disposés à jouer ensemble; et aucun ne transforme davantage le morcelé en continu, le dissonant en concertant.

... Le va-et-vient devient processus, crée une attente : il doit arriver quelque chose.

... L'assassin ne sait pas quelle vétille a donné naissance aux catastrophes qui l'ont frappé.

- "Tu attends."
- "C'est tout ?"
- "C'est tout."

...

"Le mal déboule, vertigineux. Pour une petite faute - passer un faux billet, qu'est-ce pour des enfants ? - le démon surgit." (Robert Bresson)

L'argent s'installe et circule dans les images du film comme dans notre vie. Moyen de communication dont les hommes civilisés ne peuvent se passer, il renforce entre eux l'incommunicabilité. Il ouvre la voie, mais il barre le chemin. Il ferme visages et coeurs. Il fait de qui le touche un obsédé, un malade, un fou.

...

L'argent l'a perdu ; il va perdre les autres, pour l'argent.

...

La phrase finale d'Yvon rappelle l'aveu de Raskolnikov:

"C'est moi qui ai tué, à coups de hache, pour les voler, la vieille femme de fonctionnaire et sa soeur Lisaveta."

...

Ce qu'écrit Hector Bianciotti dans Sans la miséricorde du Christ : "Nous ne savons pas pourquoi nous agissons ; la vie se sert de nous pour faire des échanges qui nous dépassent.""

(Jean Sémolué, Bresson ou l'acte pur des métamorphoses, Flammarion )

ROBERT BRESSON L'ARGENT AFFICHE DU FILM PAR SAVIGNAC

1983 : L'Argent (Money)

Réalisateur    Robert Bresson   
Scénario    Robert Bresson   
Auteur de l'oeuvre originale    Léon Tolstoï    d'après la nouvelle "le Faux coupon"
Société de production    Eôs Films (Chêne-Bourg)   
Société de production    Marion's Films   
Société de production    FR3 Cinéma   
Producteur délégué    Jean-Marc Henchoz   
Producteur exécutif    Antoine Gannage   
Distributeur d'origine    AMLF (Paris)   
Directeur de la photographie    Pasqualino De Santis   
Directeur de la photographie    Emmanuel Machuel   
Ingénieur du son    Luc Yersin   
Ingénieur du son    Jean-Louis Ughetto   
Mixeur    Jacques Maumont   
Décorateur    Pierre Guffroy   
Assistant-réalisateur    Thierry Bodin   
Assistant-réalisateur    Mylène Van der Mersch   
Assistant-réalisateur    Pascal Bony   
Monteur    Jean-François Naudon   
Effets sonores    Daniel Couteau

Christian Patey    (Yvon Targe)
Sylvie Van den Elsen    (La petite femme)
Michel Briguet    (Le père de la petite femme)
Caroline Lang    (Elise Targe)
Vincent Risterucci    (Lucien)
Béatrice Tabourin    (La photographe)
Didier Baussy    (Le photographe)
Marc-Ernest Fourneau    (Norbert)
Bruno Lapeyre    (Martial)
André Cler    (le père de Norbert)
Claude Cler    (la mère de Norbert)
François-Marie Banier    (le compagnon de cellule d'Yvon)
Jeanne Aptekman    (Yvette)

* R1/NTSC (US): Rights held by New Yorker
* R2/PAL (France): Box Set MK2
* R2/PAL (UK): To be released by Artificial Eye 05/23/05

Présent dans le Coffret Bresson 4 DVD MK2 :
Pickpocket (2 DVD); Le Procès de Jeanne d'Arc ; L'Argent





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BRESSON - Les gens ne haïssent pas votre simplicité, ils s'en défendent. Elle est comme une espèce de feu qui les brûle

"- Mais enfin qu'ai-je fait de mal ? que me reproche-t-on ?

- D'être ce que vous êtes. Il n'y a pas de remède à cela, que voulez-vous mon enfant.
Les gens ne haïssent pas votre simplicité, ils s'en défendent.
Elle est comme une espèce de feu qui les brûle."

Robert Bresson, Journal d'un curé de campagne,
d'après Georges Bernanos.





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Robert Bresson - Si la vie me déçoit, tant pis, je ferais le mal pour le mal

"Si la vie me déçoit, tant pis, je ferais le mal pour le mal.

Je me damnerais très bien si je veux."

"Je réponds de vous âme pour âme.

... C'est un secret perdu..."

Robert Bresson, Journal d'un curé de campagne,
d'après Georges Bernanos.





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Le principal sujet de Robert Bresson : les formes multiples, et souvent inattendues, de la beauté du mal

"...Ce qui est sans doute le principal sujet [de Robert Bresson] en tant que cinéaste: les formes multiples, et souvent inattendues, de la beauté du mal.

...Au monde du faux-semblant des visages, où chacun semble d'ailleurs épier et soupçonner l'autre, la caméra de Bresson oppose le monde caché des mains, des sacs et des billets de banque où se livrent des drames silencieux, capables de faire basculer des vies.

...L'incroyable force du film de Bresson est d'empêcher toute synthèse entre ces facettes de Michel. Visages et mains, corps et âmes semblent autonomes les uns par rapport aux autres, pour mieux faire sentir la complexité tragique de cette figure humaine."

Extrait de Fabien Boully, 1959 : Pickpocket de Robert Bresson,

dans HISTOIRE(S) DE FILMS FRANCAIS Réalisateurs, acteurs, scénaristes… (Jean-Luc Douin et Daniel Couty, Bordas, 2005)

VIDEO : ROBERT BRESSON, PICKPOCKET : la scène de la Gare de Lyon





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Une fable cruelle sur la perversité adolescente : le mystère du mal à l'état pur

Les désarrois de l'élève Törless
Volker Schlöndorff 1966
Avec Alfred Dietz, Barbara Steele, Bernd Tischer, Hanna Axmann von Rezzori, Herbert AsmodI, Marian Seidowsky, Mathieu Carrière
"Une fable cruelle sur la perversité adolescente" (Arte).

"Dans ce premier film, on retrouve le thème qui va parcourir l'oeuvre de Schlöndorff :
le mystère du mal à l'état pur." (TELERAMA)

A voir sur ARTE : BANDE ANNONCE : Les désarrois de l'élève Törless - Volker Schlöndorff - Lundi 30 mars à 20h45 sur ARTE | FILMS7 PHOTO VIDEO MUSIC CINEMA TELEVISION PEOPLE VIDEOBLOG YOUTUBE MYSPACE





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Céline Sallette



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