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Lionel Baier : Ils trouvaient mon scénario pas assez rond. Ce que je revendique comme une place laissée au travail de la mise en scène

Un Autre Homme, film de Lionel Baier
avec Robin Harsch, Natacha Koutchoumov et Elodie Weber
Au cinéma le 6 mai 2009

---> A voir: Bande annonce du film Un Autre Homme, critiques et photos

L'INTERVIEW du réalisateur, Lionel Baier

"Pouvez nous parler de la genèse de «Un autre homme»?

Comme souvent, l’origine du projet est multiple et remonte assez loin dans le temps. Il y a le souvenir très fort (et formateur) de la lecture de «Bel-Ami» de Maupassant à l’adolescence, celui de la découverte de «La vie meurtrière» écrit par le peintre Félix Vallotton il y a quelques années, l’envie de tourner avec Robin Harsch et d’offrir à Natacha Koutchoumov un rôle foncièrement différent de ce qu’elle avait fait dans «Garçon stupide» et «Comme des voleurs». Quelques jours passés à la Vallée de Joux durant l’été 2006 ont cristallisé ces désirs en un film-lieu.

Comment définiriez-vous ce long métrage en quelques mots?

Pour moi, c’est un conte cruel. Ou un petit poème en prose. J’ai cherché à ce qu’il soit visuellement proche d’une gravure de Vallotton, avec des noirs et des blancs très marqués, des sentiments très tranchés. Et un cadre proche de la vignette.

Pourquoi avez-vous choisi le milieu de la critique cinématographique
comme toile de fond?

Mon initiation au cinéma s’est faite aussi bien par les cinéastes que par les critiques. Quelqu’un comme Serge Daney est aussi marquant dans ma cinéphilie que la découverte de Sirk ou Truffaut. Il m’a permis de mettre des mots sur du ressenti, des impressions. Je crois que j’aurais voulu être critique dans le fond! Mais c’est une trop grande responsabilité intellectuelle pour moi. Et puis, le cinéma est un art populaire. Chaque spectateur connaît et comprend l’objet qui est jugé, à savoir un film. Il peut donc faire fonctionner son échelle de valeur.
J’ai d’autres projets qui se déroulent dans le monde de la presse. J’aime l’idée que ce sont les médias qui moralisent aujourd’hui et non plus l’église.

Parlez-nous de la distribution des rôles

Robin Harsch est avant tout un réalisateur de talent. Je l’ai connu quand j’ai pris le poste de responsable du département cinéma à l’ECAL. Il était étudiant. Nous nous sommes tout de suite reconnus comme appartenant à la même famille de cinéma. Robin joue dans ses courts métrages qui sont plutôt des comédies. Moi, j’avais très envie d’exploiter son corps à l’écran. Je trouve qu’il a un centre de gravité très bas, dans les jambes. Il est très proche de la terre, avec un physique sec, nerveux. C’était un parfait renard!

C’est ma troisième collaboration avec Natacha Koutchoumov. Dans ce film, nous nous sommes amusés à lui construire un personnage d’oiseau de proie, haute perchée. Je voulais que ce soit une femme phallique, tout en hauteur. Elle a déployé des trésors d’inventivité pour donner à Rosa une complexité qui la rend attachante. Dans «un autre homme», elle donne à voir quelque chose de complètement nouveau. Ce qui est rare au cinéma.

Pour le rôle de Christine, j’ai choisi Elodie Weber parce que je voulais que la compagne de François Robin soit à sa hauteur, qu’ils aient presque la même taille, mais qu’en même temps la fille domine largement le couple. Je suis immédiatement tombé sous le charme du phrasé un peu traînant d’Elodie. Son jeu n’est pas dans l’air du temps, parce qu’il est anti-naturaliste. J’adore ça.

Et Bulle Ogier?

À la fin du film, je voulais que François Robin rencontre le cinéma «en chair et en os», qu’il soit passé de l’écran aux mots, puis à la chair. De par sa carrière exceptionnelle, Bulle Ogier est bien plus qu’une actrice. Elle a prêté son talent à quelques-uns des plus grands cinéastes du XXe siècle. Elle incarne pour moi le cinéma européen dans ce qu’il a de meilleur. L’avoir devant ma caméra quelques heures a été un cadeau formidable de sa part. Et c’était aussi l’occasion de faire un clin d’oeil à «La Salamandre» d’Alain Tanner.

Pouvez vous nous parler du tournage?

Il ressemblait un peu à la prise de Fort Alamo par une bande d’indiens! Nous avons tourné «un autre homme» en catimini, motivés par notre plaisir et notre envie. Dans la neige, dans des chambres d’hôtel louées à la journée ou chez les acteurs eux-mêmes. Ça a été un moment très heureux et énergisant. J’avais l’impression que nous nous étions échappés d’une colo de ski pour partir à l’assaut de la montagne. Je filmais moi-même, les comédiens géraient tout seuls leurs costumes et accessoires. Certains postes étaient tenus par des étudiant-e-s de l’ECAL qui posaient plein de questions et remettaient tout en cause. Nous avons essayé plein de choses. C’était formidable de voir le cinéma se faire et se défaire en temps réel. Les fonctionnaires du cinéma suisse (Office fédéral de la culture) n’ont rien compris à ma démarche. Ils trouvaient mon scénario pas assez rond. Ce que je revendique comme une place laissée au travail de la mise en scène. Et puis, comme ils sont dogmatiques, ils pensaient que ce n’était pas bien pour moi comme réalisateur de ne pas faire des films avec «une vraie équipe» de cinéma. Voir avec de vrais acteurs…
Finalement, je pense que leur incompétence et leur méconnaissance de toute forme de cinéma qui sort un peu de la norme m’a donné «du muscle», comme disait Daniel Schmid.

Comment «un autre homme» s’inscrit-il dans votre filmographie?

Pour moi, c’est mon film le plus personnel, bien que je n’y apparaisse pas et qu’il ne s’appuie pas sur mon vécu. Par contre, il développe des thèmes qui me sont chers comme l’imposture, la sexualité, la confusion des genres. J’ai essayé de filmer les hommes comme on filmait les femmes dans les films noirs des années 50 et 60. Avec une sorte de violence assez érotique.
On mettait à mal leur féminité pour en exacerber les atouts. J’ai essayé de faire de même avec le corps d’un homme.
Comme pour mes deux films précédents, j’ai essayé de laisser le film prendre contrôle sur la réalité, afin que celle-ci disparaisse au profit du cinéma. J’aime l’idée que le spectateur soit bousculé par moment entre les différents niveaux de récits: passer de quelque chose de très symbolique, puis le transformer en un fait réel pour les personnages.
Je travaille actuellement sur 3 projets de films. Certains coûteront chers, d’autres moins. Ce n’est pas le pognon injecté dans un long métrage qui en détermine l’importance pour son auteur. J’espère avoir l’occasion de truffer ma filmographie à venir de films aussi importants et légers dans leur mode de production que «Un autre homme»."

Propos recueillis par David Grand

Bande annonce du film et photos: Un Autre Homme, film de Lionel Baier avec Robin Harsch, Natacha Koutchoumov et Elodie Weber | FILMS7 PHOTO VIDEO MUSIC CINEMA BANDES ANNONCES TRAILERS TELEVISION PEOPLE VIDEOBLOG YOUTUBE MYSPACE




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Plaidoyer pour l'avenir du cinéma d'auteur - Michel Reilhac, Directeur du Cinéma d'Arte France

VIDEO : Michel Reilhac, Directeur du Cinéma d'Arte France
(cliquez sur Lire)

"Plaidoyer pour l'avenir du cinéma d'auteur"

Source: Blogs ARTE TV :: ajt

Michel Reilhac, Directeur du Cinéma d'Arte France,
Plaidoyer pour un avenir du cinéma d'auteur :
entretien avec Frédéric Sojcher





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YouTube Entertainment : the launch of multiple ad-supported channels featuring short-form content

Communiqués de presse YouTube

DISNEY/ABC TELEVISION GROUP AND ESPN REACH LANDMARK AGREEMENT

Disney/ABC and ESPN to Control Ad Inventory and Test Alternative Ad Models for Professionally Produced Short-Form Content on Worlds Largest Online Video Site. Premier ESPN Content to Feature Prominently in YouTubes Sports Category

Disney Media Networks and YouTube today announced an agreement which includes the launch of multiple ad-supported channels featuring short-form content from ESPN and the Disney/ABC Television Group. Under the terms of the agreement, Disney Media Networks will have the option to sell their own advertising inventory within the Disney/ABC and ESPN channels. Channel roll out is scheduled to begin in mid-April for ESPN and early May for the Disney/ABC Television Group channels which will include ABC Entertainment, ABC News, ABC Family and SOAPnet. Previews of what will be available upon official launch can be viewed at www.YouTube.com/ABC and www.YouTube.com/ESPN.

As part of the agreement, the ESPN Video Player will be integrated into ESPN’s channel on YouTube and will anchor a wide variety of exciting sports content and highlights on YouTube. ESPN will also make additional short-form content available through YouTube’s player. ESPN content that is available on the ESPN channel and player will not contain long-form content from its linear networks.

“This deal provides us with the opportunity to reach a broader online audience, to experiment with different monetization models and to extend the reach of our advertisers within branded environments that they most desire,” said Anne Sweeney, co-chair, Disney Media Networks, and president, Disney/ABC Television Group. “We look forward to working together with YouTube to reach their vast community with our incredible portfolio of high-quality, short-form content to better serve consumers and advertisers.”

“We are thrilled to welcome ABC and ESPN into our global content network of premium partners,” said David Eun, VP of Strategic Partnerships at Google. “More and more studios and networks are realizing the power of YouTube to reach a huge and engaged audience. Our diverse collection of ad products, Content ID tools and sophisticated online analytics, provide studios like ABC with innovative monetization options, more control over their online content and granular insight into how audiences are interacting with their videos.”

“Reaching and engaging fans is paramount in all that we do as a company, and YouTube is a great platform to achieve that goal,” said George Bodenheimer, co-chair, Disney Media networks, and president, ESPN and ABC Sports. “Making our content available to fans via YouTube presents an extraordinary opportunity for ESPN to create new revenue streams and new value to advertisers, as they continue to look for new ways to connect with fans in the digital environment.”

The Disney/ABC and ESPN YouTube channels, available to U.S. users, will be supported at launch by advertising like YouTube’s InVideo overlays, and traditional display ads. However, as part of the agreement, Disney/ABC and ESPN will also be able to test pre-roll advertising on short-form content.

About Disney/ABC Television Group

The Disney/ABC Television Group is home to all of The Walt Disney Company's (NYSE: DIS) worldwide entertainment and news television properties. The Group includes the ABC Television Network (including ABC Daytime, ABC Entertainment and ABC News divisions); the Disney Channels Worldwide global kids’ TV business, ABC Family and SOAPnet; as well as television production and syndication divisions ABC Studios, Disney-ABC Domestic Television and Disney-ABC International Television. The Disney/ABC Television Group also manages the Radio Disney Network, general interest and non-fiction book imprint Hyperion, as well the Company’s equity interest in Lifetime Entertainment Services and A&E Television Networks.

About ESPN

ESPN, Inc. is the world’s leading multinational, multimedia sports entertainment company featuring a portfolio of over 50 multimedia sports assets. The company is comprised of six domestic television networks (ESPN, ESPN2, ESPN Classic, ESPNEWS, ESPN Deportes, ESPNU), ESPN and ESPN2 HD simulcast services, ESPN Regional Television, ESPN International (32 networks, syndication, radio, web sites), ESPN Radio, ESPN.com, ESPN The Magazine, ESPN Enterprises, ESPN Zones (sports-themed restaurants), and other growing new businesses including ESPN360.com (Broadband), ESPN Mobile Properties, ESPN on Demand, ESPN Interactive and ESPN PPV. Based in Bristol, Ct., ESPN is 80 percent owned by ABC, Inc., which is an indirect subsidiary of The Walt Disney Company. The Hearst Corporation holds a 20 percent interest in ESPN.

About YouTube Entertainment

YouTube has more premium partners than any other online video site and is actively working hand-in-hand with a growing list of content creators and advertisers across the entertainment industry to help them generate revenue and innovate in the digital era. YouTube’s sophisticated analytics and online tools show content creators how, when and why their audiences are engaging with their material. From major, household names like Disney to small, independent studios and aspiring filmmakers, YouTube provides a platform where anyone from around the globe connect, share and enjoy much of the world’s best entertainment online.

Source: YouTube - Broadcast Yourself.





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SEBASTIEN LIFSHITZ & JULIEN HILMOINE - NOUVEAU CINEMA

SÉBASTIEN LIFSHITZ :

"J'ai découvert le film de Julien il y a deux ans.

Film fait à la FEMIS.

Un parcours assez chaotique à la FEMIS (4 ans en réalisation). Les premiers films de fin d'année de Julien étaient d'après moi un peu laborieux, difficiles, et tout d'un coup ce film, Les Terres amoureuses, est arrivé, que j'ai trouvé très mature, très maîtrisé, par la lumière, le cadre, l'histoire, la direction des comédiens, dans une esthétique très assumée."

JULIEN HILMOINE:

"Effectivement, les films que j'ai faits à la FEMIS étaient assez chaotiques...

Au cours d'un atelier de direction d'acteurs, j'ai compris qu'il y avait beaucoup de choses dont il fallait que je me débarrasse : du maniérisme, des choses trop affectées, trop volontairement compliquées, trop détachées du quotidien...

Et aussi, essayer de faire des scénarios où l'on comprenait quelque chose, ce qui est quand même important. Parce que, quand les spectateurs ne comprennent rien à ce qui se passe, c'est difficile qu'ils soient touchés par les personnages.

Tout un ensemble de choses qui m'ont permis de faire ce film."

Suit un quiproquo sur la notion de "maniérisme", employée par Julien Hilmoine.

SÉBASTIEN LIFSHITZ prend le mot au sens de l'école esthétique maniériste, s'opposant au naturalisme:

"le film a effectivement un certain maniérisme, une écriture, une esthétique, qui n'est pas naturaliste, mais c'est justement cela que je trouve très intéressant dans le film. Il n'est pas non plus dans un romanesque et un lyrisme exacerbé, c'est autre chose.

En cela il fait beaucoup plus penser à des films de Philippe Garrel, par exemple. Ou à des films ... Bresson peut-être moins. Mais je pense à Garrel:

le regard sur les femmes d'abord.

Il y a quelque chose autour de la grâce. Cette scène assez magnifique, d'extase, où une comédienne se met à pleurer. Je trouve le film extrêmement sensible, et justement cette distance dans le jeu, par le cadre, une force, qui a à voir avec le sujet."

Pour JULIEN HILMOINE, le mot "maniérisme" désignait davantage des tics, des défauts, des affectations, des poses, à maîtriser, qu'une école artistique.

SÉBASTIEN LIFSHITZ :

"le sujet du film pour toi ? C'était filmer le désir d'une personne d'être l'autre ? Cette question de la croyance, de la foi ? Filmer quelqu'un dans un état d'abandon total à la foi religieuse ?"

JULIEN HILMOINE :

"Toutes ces choses-là, effectivement. Et cette espèce d'admiration qu'on peut avoir pour une personne qui vous dépasse totalement. Ces moments où la volonté s'abandonne parce qu'on est en proie à un sentiment extrêmement fort. C'était à la base de mon envie de faire ce film. Une admiration presque amoureuse."

[Transcription d'une partie des échanges de fin de séance, entre SÉBASTIEN LIFSHITZ et le réalisateur du film, JULIEN HILMOINE.

A l'occasion de la projection publique des Terres Amoureuses, au CENT QUATRE, dans l'atelier de SÉBASTIEN LIFSHITZ, "FESTIVAL NOUVEAU CINEMA : AMOURS", le 14 février 2009.

Transcription : Films7, AK]

--> Voir un extrait vidéo du film: Les Terres Amoureuses de Julien Hilmoine

En photo: la comédienne HELENE MERLIN





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Céline Sallette



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