regard

Visconti avait privilégié le rêve, Bresson retient plutôt le réel - ROBERT BRESSON, QUATRE NUITS D'UN REVEUR

VIDEO : QUATRE NUITS D'UN REVEUR, ROBERT BRESSON

"...Jacques peint les jolies femmes qu'il suit dans Paris. (...)
Bresson donne le sentiment de cerner l'absence même."
(TELERAMA, Guide cinéma)

Le récit "Nuits blanches" de Dostoïevski qui décrit la lutte du rêve et de la réalité avait déjà donné lieu en 1957 à une première adaptation cinématographique de Luchino Visconti (Le notti bianche) qui avait surpris par sa théâtralité et son onirisme accusé. Avec son décor de studio, Visconti avait donc privilégié le rêve.

Bien que son titre fasse explicitement référence au sous-titre du court roman "Souvenirs d'un rêveur", Bresson retient plutôt le réel, ce qui était sans doute inévitable de la part de cet acharné du vrai.

(...)

Aussi éloignée de la dramaturgie classique que de la rigueur habituelle du système bressonien, la construction du film est proche de la modernité d'un Godard ou d'un Antonioni."

Extrait des pages 99-101 de "Robert Bresson. L'aventure intérieure",
par René Prédal. Numéro spécial L'Avant-Scène Cinéma, nº 408/409, Janvier Février 1992

1971 : Quatre nuits d'un rêveur (Four Nights of a Dreamer)

Réalisateur    Robert Bresson   
Scénario    Robert Bresson   
Auteur de l'oeuvre originale    Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski   
Dialoguiste    Robert Bresson   
Société de production    Albina Productions (Paris)   
Société de production    Victoria Films   
Société de production    I Film Dell'Orso (Roma)   
Directeur de production    Georges Casati   
Distributeur d'origine    Imperia Films   
Directeur de la photographie    Ghislain Cloquet   
Directeur de la photographie    Pierre Lhomme   
Ingénieur du son    Roger Letellier   
Mixeur    Jacques Carrère   
Compositeur de la musique    Michel Magne   
Décorateur    Pierre Charbonnier   
Assistant-réalisateur    Mylène Van der Mersch   
Assistant-réalisateur    André Bitoun   
Assistant-réalisateur    Jean-Pierre Ghys   
Assistant-réalisateur    Munni Kabir   
Monteur    Raymond Lamy   
Scripte    Irène Lhomme

Guillaume Des Forêts    (Jacques)
Isabelle Weingarten    (Marthe)
Jean-Maurice Monnayer    (le locataire)
Jérôme Massart    (le camarade des Beaux-Arts)
Patrick Jouané    (le gangster du film incorporé)
Lydia Biondi    (la mère de Marthe)
Giorgio Maulini





  • note
  • cinema
  • adaptation
  • adolescence
  • amour
  • art
  • cinema d'auteur
  • cinema et litterature
  • dossier special robert bresson
  • dostoievski
  • film
  • histoire du cinema
  • litterature
  • regard
  • robert bresson
  • story
  • videos
  • visconti
  • voyeurisme

ROBERT BRESSON, QUATRE NUITS D'UN REVEUR - le passage des rêves de l'adolescence à l'âge des créations

VIDEO : QUATRE NUITS D'UN REVEUR, ROBERT BRESSON - Fin
Guillaume Des Forêts & Isabelle Weingarten

Robert Bresson, Quatre nuits d'un rêveur.

"Qu'est-ce que l'Histoire de Jacques ? Celle d'un chasseur de regards, comme Pickpocket celle d'un chasseur de portefeuilles.

Un long escalier relie la rue, lieu de la capture, et la chambre, lieu de la cachette :

là, trésor des montres glissées derrière une plinthe ;
ici, trésor des rêveries confiées au magnétophone."

...

"Les images où il ne se passe rien de marquant sont les plus nombreuses dans le film et absorbent les autres.
"Je n'ai pas d'histoire", dit Jacques à Marthe.
"C'est ça votre vie ?", demande Marthe après le récit de Jacques.

De fait, parmi les films de Bresson, c'est celui où les personnages se rencontrent le plus et se manoeuvrent le moins, où leur évolution implique le moins de préméditation et de signification. La beauté de la matière cinématographique, qui formait peut-être le vrai sujet des films antérieurs, devient presque le seul sujet de celui-ci.

...

la fin : par le monologue ultime, il s'assimile à l'autre garçon, en s'imaginant que Marthe vient vers lui ; il reconstruit entièrement leurs rapports.

...

La fin du film ouvre d'ailleurs sur l'avenir. ...le bruit du pinceau qui se fait seul entendre une fois que le magnétophone a fini de redire le monologue d'amour et de remerciement signifie peut-être le passage des rêves de l'adolescence à l'âge des créations."

Extraits de Jean Sémolué, Bresson ou l'acte pur des métamorphoses, Flammarion

1971 : Quatre nuits d'un rêveur (Four Nights of a Dreamer)

Réalisateur    Robert Bresson   
Scénario    Robert Bresson   
Auteur de l'oeuvre originale    Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski   
Dialoguiste    Robert Bresson   
Société de production    Albina Productions (Paris)   
Société de production    Victoria Films   
Société de production    I Film Dell'Orso (Roma)   
Directeur de production    Georges Casati   
Distributeur d'origine    Imperia Films   
Directeur de la photographie    Ghislain Cloquet   
Directeur de la photographie    Pierre Lhomme   
Ingénieur du son    Roger Letellier   
Mixeur    Jacques Carrère   
Compositeur de la musique    Michel Magne   
Décorateur    Pierre Charbonnier   
Assistant-réalisateur    Mylène Van der Mersch   
Assistant-réalisateur    André Bitoun   
Assistant-réalisateur    Jean-Pierre Ghys   
Assistant-réalisateur    Munni Kabir   
Monteur    Raymond Lamy   
Scripte    Irène Lhomme

Guillaume Des Forêts    (Jacques)
Isabelle Weingarten    (Marthe)
Jean-Maurice Monnayer    (le locataire)
Jérôme Massart    (le camarade des Beaux-Arts)
Patrick Jouané    (le gangster du film incorporé)
Lydia Biondi    (la mère de Marthe)
Giorgio Maulini





  • note
  • cinema
  • adaptation
  • adolescence
  • amour
  • art
  • cinema d'auteur
  • cinema et litterature
  • creation
  • critique de film
  • dostoievski
  • film
  • histoire du cinema
  • litterature
  • livre
  • pitch
  • regard
  • robert bresson
  • story
  • videos

ROBERT BRESSON : tourner pour découvrir la matière dont ils sont faits, ce coeur du coeur

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE DOMINIQUE SANDA

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE DOMINIQUE SANDA

La femme : "C'est la même matière première pour tous, mais arrangée différemment.
Pour une souris, pour un éléphant, pour un homme."

ROBERT BRESSON UNE FEMME DOUCE DOMINIQUE SANDA GUY FRANGIN

L'homme : "Tu avais raison, c'est les mêmes matières premières pour tous, c'est extraordinaire."

Dominique Sanda & Guy Frangin, UNE FEMME DOUCE, ROBERT BRESSON

"Ne pas tourner pour illustrer une thèse, ou pour montrer des hommes et des femmes arrêtés à leur aspect extérieur, mais pour découvrir la matière dont ils sont faits.

Atteindre ce "coeur du coeur", qui ne se laisse prendre ni par la poésie, ni par la philosophie, ni par la dramaturgie."

Robert Bresson, Notes sur le cinématographe





  • cinematographe
  • note
  • cinema
  • adaptation
  • art
  • cineaste
  • cinema d'auteur
  • cinema et litterature
  • dominique sanda
  • dostoievski
  • histoire du cinema
  • livre
  • psychologie
  • regard
  • robert bresson
  • story
  • tournage

SEBASTIEN LIFSHITZ & JULIEN HILMOINE - NOUVEAU CINEMA

SÉBASTIEN LIFSHITZ :

"J'ai découvert le film de Julien il y a deux ans.

Film fait à la FEMIS.

Un parcours assez chaotique à la FEMIS (4 ans en réalisation). Les premiers films de fin d'année de Julien étaient d'après moi un peu laborieux, difficiles, et tout d'un coup ce film, Les Terres amoureuses, est arrivé, que j'ai trouvé très mature, très maîtrisé, par la lumière, le cadre, l'histoire, la direction des comédiens, dans une esthétique très assumée."

JULIEN HILMOINE:

"Effectivement, les films que j'ai faits à la FEMIS étaient assez chaotiques...

Au cours d'un atelier de direction d'acteurs, j'ai compris qu'il y avait beaucoup de choses dont il fallait que je me débarrasse : du maniérisme, des choses trop affectées, trop volontairement compliquées, trop détachées du quotidien...

Et aussi, essayer de faire des scénarios où l'on comprenait quelque chose, ce qui est quand même important. Parce que, quand les spectateurs ne comprennent rien à ce qui se passe, c'est difficile qu'ils soient touchés par les personnages.

Tout un ensemble de choses qui m'ont permis de faire ce film."

Suit un quiproquo sur la notion de "maniérisme", employée par Julien Hilmoine.

SÉBASTIEN LIFSHITZ prend le mot au sens de l'école esthétique maniériste, s'opposant au naturalisme:

"le film a effectivement un certain maniérisme, une écriture, une esthétique, qui n'est pas naturaliste, mais c'est justement cela que je trouve très intéressant dans le film. Il n'est pas non plus dans un romanesque et un lyrisme exacerbé, c'est autre chose.

En cela il fait beaucoup plus penser à des films de Philippe Garrel, par exemple. Ou à des films ... Bresson peut-être moins. Mais je pense à Garrel:

le regard sur les femmes d'abord.

Il y a quelque chose autour de la grâce. Cette scène assez magnifique, d'extase, où une comédienne se met à pleurer. Je trouve le film extrêmement sensible, et justement cette distance dans le jeu, par le cadre, une force, qui a à voir avec le sujet."

Pour JULIEN HILMOINE, le mot "maniérisme" désignait davantage des tics, des défauts, des affectations, des poses, à maîtriser, qu'une école artistique.

SÉBASTIEN LIFSHITZ :

"le sujet du film pour toi ? C'était filmer le désir d'une personne d'être l'autre ? Cette question de la croyance, de la foi ? Filmer quelqu'un dans un état d'abandon total à la foi religieuse ?"

JULIEN HILMOINE :

"Toutes ces choses-là, effectivement. Et cette espèce d'admiration qu'on peut avoir pour une personne qui vous dépasse totalement. Ces moments où la volonté s'abandonne parce qu'on est en proie à un sentiment extrêmement fort. C'était à la base de mon envie de faire ce film. Une admiration presque amoureuse."

[Transcription d'une partie des échanges de fin de séance, entre SÉBASTIEN LIFSHITZ et le réalisateur du film, JULIEN HILMOINE.

A l'occasion de la projection publique des Terres Amoureuses, au CENT QUATRE, dans l'atelier de SÉBASTIEN LIFSHITZ, "FESTIVAL NOUVEAU CINEMA : AMOURS", le 14 février 2009.

Transcription : Films7, AK]

--> Voir un extrait vidéo du film: Les Terres Amoureuses de Julien Hilmoine

En photo: la comédienne HELENE MERLIN





  • note
  • cinema
  • amour
  • critique de film
  • femis
  • festival
  • film
  • films7 stories
  • helene merlin
  • interview
  • julien hilmoine
  • notes films7 story
  • nouveau cinema
  • pitch
  • projection
  • realisateur
  • regard
  • religion
  • sebastien lifshitz
  • story

Des filles des bordels des cinglés

BOULEVARD DU RHUM
ROBERT ENRICO 1971
Brigitte Bardot, Lino Ventura, Jess Hahn, Guy Marchand

"Un aventurier (Lino Ventura) rencontre une star du muet (Brigitte Bardot).

...fasciné par les images, jusqu'au départ du dernier spectateur, jusqu'à la fermeture de la salle. Face à l'écran pour l'éternité."

(F.G. TELERAMA T)

Extrait vidéo: BRIGITTE BARDOT - Sur le boulevard du rhum - CHANSON Dans chaque port il y a une fille

Des ports , des mers des cocotiers
Des filles des bordels des cinglés
de l'english, du frenchie et du yankee
mon amour, amore, love et danke

Dans chaque port il y a une fille
c'est moi c'est elle c'est à pleurer
et dans mon coeur il y a du roulis
chaque fois qu'il, elle glisse dans mon lit

Mais sa maîtresse c'est elle
tout là bas, tout là bas c'est la vague et le sel
entre Java et cuba c'est la vague et le sel
sa maîtresse c'est elle

Dans chaque fille il y a un coeur
dans chaque coeur il y a un marin
au coeur du marin il y a la houle qui roule
et dans mon coeur il n'y a plus rien

car sa maîtresse c'est elle
tout la bas tout la bas c'est la vague et le sel...





  • note
  • cinema
  • allumeuse
  • amour
  • aventurier
  • beaute
  • bordel
  • brigitte bardot
  • chanson
  • filles
  • film
  • musique
  • pitch
  • regard
  • robert enrico
  • seduction
  • story
  • telerama
  • voyeurisme

L'âne Balthazar est ce regard silencieux et impassible posé sur les hommes, acteur idéal aux yeux de Bresson

AU HASARD BALTHAZAR
ROBERT BRESSON 1966
Anne Wiazmsky, François Lafarge, Philippe Asselin

"...Balthazar est ce regard silencieux et impassible posé sur les hommes : il est, à l'instar du cinéaste lui-même, un spectateur du monde.

...Acteur idéal aux yeux de Bresson, qui a toujours cherché l'innocence de ses "modèles", l'âne est aussi, surtout, un révélateur de la personnalité de ses maîtres successifs :

il met en lumière le vice, la luxure, l'avarice, ou encore la bonté des hommes qu'il côtoie.

Un film d'une beauté mystique qui lave les yeux et élève l'âme."

(X.La. TELERAMA TTT)

Extrait vidéo:

AU HASARD BALTHAZAR - ROBERT BRESSON - LA FIN





  • note
  • cinema
  • acteur
  • beaute
  • cineaste
  • errance
  • film
  • mystique
  • pitch
  • regard
  • robert bresson
  • story
  • telerama
  • vie
  • voyeurisme






Céline Sallette



COMEDIENNES | 400 JEUNES ACTRICES | JEUNES CHANTEUSES


FILMS7 | STORY | COMEDIENNES | JEUNES ACTRICES