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Ces téléfilms invisibles, sauf pour les scènes de comédiennes nues (EMMA ZUNZ, Judith Godrèche, Benoît Jacquot)

Dans Le cinéma de Benoît Jacquot, Xavier Lardoux consacre 8 pages au téléfilm EMMA ZUNZ (1992).

Comme tous les téléfilms, il a rejoint un monde invisible: ni DVD, ni VOD. Impossible à (re)voir.

Ne reste de visible que ces quelques photos du livre de Lardoux, et, en cherchant bien, une scène en ligne, une seule, sur Dailymotion: parce que Judith Godrèche est nue (40 secondes, voir vidéo plus bas).

Seule survie pour un téléfilm aux yeux du public, passée sa diffusion initiale: les scènes de comédiennes nues devenues célèbres.

Espérons que le développement de la VOD donnera un jour un meilleur accès aux téléfilms, notamment signés de grands cinéastes.

EMMA ZUNZ Judith Godrèche Benoît Jacquot

Pierre Chevalier, ancien directeur de l'unité fiction télévisée d'Arte, évoque l'histoire du téléfilm:

"Nous nous sommes rencontrés il y a près de trente ans avec Benoît Jacquot par l'intermédiaire de Michel Guy qui l'aimait beaucoup. Puis lorsque j'étais responsable des aides sélectives au Centre national de la Cinématographie (CNC),

je me souviens de nos échanges sur Gilles Deleuze, dont Benoît connaissait remarquablement l'oeuvre, même s'il venait d'une rive un peu opposée, qui était celle de Jacques Lacan.

Quand j'ai été nommé à La Sept, nous avons pensé avec Fabienne Servan-Schreiber, qui montait une collection de films à partir de textes de Borges (un film espagnol, un film anglais, un film français) à Benoît Jacquot, dont La Désenchantée venait de m'éblouir.

Ce texte Emma Zunz était, à nos yeux, comme la suite de La Désenchantée."

Vidéo: "Judith Godreche nue" - seule survie visible du téléfilm Emma Zunz,
de Benoît Jacquot

Après le suicide de son père, une jeune femme est décidée à se venger,
et part à la recherche de l'homme qu'elle tient pour responsable de ce décès.

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Autre téléfilm de Benoît Jacquot, La Vie de Marianne, avec Virgine Ledoyen (1995), n'est disponible que dans une version cinéma restée longtemps inédite, en coffret DVD, à 30 euro.

Un DVD à 30 euro n'est pas le meilleur mode de diffusion pour voir un téléfilm. Une formule VOD à 3 euro serait mieux adaptée.

VIRGINIE LEDOYEN LA VIE DE MARIANNE BENOIT JACQUOT

Avis de la Fnac : Benoît Jacquot : Septième ciel - Marianne :

"La collection des Cahiers du cinéma se dote de deux nouvelles éditions : une consacrée à Chantal Akerman, l’autre à Benoît Jacquot, qui continue, inlassablement, de peaufiner son œuvre subtile et exigeante entamée au milieu des années 70.

Des deux perles enfilées dans ce double DVD enrichi de suppléments, Marianne retient particulièrement l’attention.

Initialement double téléfilm réalisé pour Arte en 1994, cette adaptation tout en finesse de l’œuvre de Marivaux est ici livrée dans sa version cinéma, restée longtemps inédite.

Le film, d’une exquise délicatesse et d’une modernité insolente, repose entièrement sur les épaules de la toute jeune Virginie Ledoyen, rayonnante de beauté.

Dans les suppléments, Benoît Jacquot se souvient de sa première rencontre avec l’actrice, dont on peut découvrir les essais, tout à fait renversants."

Epok, l'hebdo de la Fnac





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Ottavia Piccolo : Coucher pour du fric. Chacun se vend à sa façon, c'est tout - Mado, Claude Sautet

"Mado a commencé à se prostituer pour ne plus avoir à demander de l'argent aux amis, c'est une question de "principe":

Mado (Ottavia Piccolo) : Pourquoi tu dis rien, t'as pas envie de me parler.
Alex (Jean-Denis Robert) : Si... non.
Mado : Qu'est-ce que t'as ?
Alex : Tu vas rigoler, mais je suis gêné.
Mado : Gêné, mais pourquoi ?
Alex : Je trouve ça tellement con !
Mado : Quoi ?
Alex : Ce que tu fais. Que tu en sois arrivée à coucher pour du fric. Je trouve ça moche.. pas bien quoi !
Mado : Pas bien !
Alex : Remarque, ça me regarde pas mais c'est ce que je pense.
Mado : Mais dis-donc toi, qu'est-ce qui te fait décider qu'une chose est bien ou pas bien ? Pour moi, une chose est mal quand on se sent mal. Un point c'est tout. Quand on s'est retrouvées sans un sou avec Catherine, obligées de taper les uns et les autres... Alors là je peux te dire qu'on s'est senties mal. Tandis que maintenant je vais bien et je me sens bien.
Alex : Là, je te crois pas.
Mado : Eh bien, tu as tort ! Et toi, tu te sens bien d'aller laver les voitures alors que tu sais très bien que tu es capable de faire autre chose ? (...)
Alex : Mais tu mélanges tout !
Mado : Je ne mélange rien du tout, chacun se vend à sa façon, c'est tout."

Sandra Marti, Claude Sautet, pages 86-87

Acteurs : Michel Piccoli, Ottavia Piccolo, Jacques Dutronc, Romy Schneider, Charles Denner

Ottavia Piccolo - MADO, CLAUDE SAUTET





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Bernanos, Robert Bresson, Mouchette : A son âge, mourir ou devenir une dame sont deux aventures aussi chimériques

Robert Bresson à Jean-Luc Godard:

"Au lieu de me disperser (si je puis dire, car j'essaie toujours de ne pas me disperser) dans un foisonnement de vies et d'êtres différents, je vais essayer d'être constamment, absolument, sur un visage : le visage de cette petite fille, pour voir ses réactions. Et je prendrai, alors là, oui, la petite fille la plus maladroite, la moins actrice, la moins comédienne (or, les enfants, les petites filles surtout, le sont souvent terriblement). Bref: je prendrai la plus maladroite qui soit, et j'essaierai de tirer d'elle tout ce qu'elle ne soupçonnera pas que je tire d'elle. C'est pour cela que ça m'intéresse, et, évidemment, la caméra ne la quittera pas."
(Cahiers du cinéma n°178, mai 1966)

"A son âge, mourir ou devenir une dame sont deux aventures aussi chimériques", dit le début du livre [de Bernanos]. Ces deux aventures, Mouchette les vit pourtant en quelques heures, sous deux formes atroces: le viol, le suicide."

"Les premiers personnages de Bresson se donnaient un but à atteindre. Dans Mouchette, ni projet ni même vocation ; le personnage n'est plus qu'un destin." (Jean Sémolué, Bresson)

--> VOD ROBERT BRESSON MOUCHETTE

NADINE NORTIER MOUCHETTE ROBERT BRESSON

Robert Bresson à Godard : "je prendrai la plus maladroite, la moins actrice"





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Les pleurs de Fanny Valette

Les pleurs de Fanny Valette (--> photos)...

Film rediffusé sur ARTE le mardi 7 juillet 2009 à 15h15.

Egalement disponible en VOD et DVD : Changement d'adresse, Emmanuel Mouret, Frédérique Bel, Fanny Valette, Dany Brillant

"Emmanuel Mouret excelle dans ce va-et-vient entre empathie et dérision-déraison. Loin de Rohmer, à qui on le compare souvent, Mouret modifie les sentiments en fonction des circonstances." (TELERAMA)





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Nos vies suspendues aux femmes - Le Feu Follet - Louis Malle - Drieu la Rochelle

"Ah, quelle drôle de vie que nos vies suspendues aux femmes..."

VOD & DVD : LE FEU FOLLET - LOUIS MALLE

"Dérivant sur fond de bourgeoisie rêveuse, de tentation droitière, de fêlure fitzgeraldienne, ce personnage velléitaire oppresse le coeur. Dandy baudelairien pas forcément sympathique, il échappe à toute définition, c'est même là l'origine de son mal romantique: entrevoir plus que tout autre la vie et y renoncer." (TELERAMA TTT)





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STRIPTEASE : se déshabiller en allumant - Céline Milliat-Baumgartner, comédienne : qu'est-ce qui excite tant dans un strip-tease, et jusqu'où ça excite ?

PHOTO STRIPTEASE CELINE MILLIAT BAUMGARTNER ACTRICE"Erotisme, sexe et strip-tease s'invitent sur les scènes actuelles"

"Que de strip-teases, de nudité et même de jouets sexuels actuellement sur les plateaux de danse ! Une vague de fond érotique emporte les chorégraphes et les metteurs en scène. Symptômes d'une société qui se met à poil dans tous les sens du terme, ces spectacles décomplexés jouent la carte "performance et sexe" sans l'ombre d'une hésitation. Ils déplacent même les frontières de l'art vers les cabarets et les peep-shows, pour remettre le corps et ses désirs au centre du plateau."

...

"à Paris, comme en province, actuellement, les programmateurs rencontrent apparemment peu de controverses. Au contraire : l'annonce de certains spectacles dénudés remplit parfois les salles."

...

"la comédienne Céline Milliat-Baumgartner présente Striptease, qu'elle a imaginé avec la complicité de Cédric Orain.

"Depuis 2001, j'ai l'impression que les metteurs en scène me demandent souvent de jouer à poil, et j'en ai un peu marre, s'exclame-t-elle. J'ai eu envie, du coup, de parler en mon nom et de poser la question : qu'est-ce qui excite tant dans un strip-tease, et jusqu'où ça excite ? (A lire intégralement dans Le Monde)

PHOTO STRIPTEASE CELINE MILLIAT BAUMGARTNER ACTRICE

PHOTO STRIPTEASE CELINE MILLIAT BAUMGARTNER ACTRICE

PHOTO STRIPTEASE CELINE MILLIAT BAUMGARTNER ACTRICE

PHOTO STRIPTEASE CELINE MILLIAT BAUMGARTNER ACTRICE

PHOTO STRIPTEASE CELINE MILLIAT BAUMGARTNER ACTRICE

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PHOTO STRIPTEASE CELINE MILLIAT BAUMGARTNER ACTRICE

STRIPTEASE
    Théâtre contemporain
    du 15/06/2009 au 18/06/2009.
THEATRE DE LA BASTILLE
76, rue de la Roquette
75011 PARIS

STRIPTEASE
Spectacle de la Compagnie La Traversée
Création et jeu Céline Milliat-Baumgartner
Texte et mise en scène Cédric Orain
Spectacle répété au Théâtre de la Bastille, au Studio de l’Arcal et au Théâtre de l’Oiseau-Mouche / Le Garage

« Ca s’appelle Striptease, sans trait d’union, d’un seul bloc, prêt à l’emploi, à consommer tout de suite, avec ou sans modération. » [Extrait]

"Striptease est né de la rencontre entre Céline Milliat-Baumgartner, Cédric Orain et Mae Dix, une chanteuse de cabaret des années 20. Un soir, elle a commencé à se changer trop vite entre deux numéros. Surprise par le public, elle est revenue au centre de la scène et s’est déshabillée. Complètement. Céline Milliat-Baumgartner interprète Miss Mae, une jeune fille qui va rechercher cet instant inattendu, son propre strip-tease, et jouer avec la frontière ténue entre la nudité qui excite, provoque le désir et celle qui effraie, contient sa propre mort."

""Bienvenue à mon striptease…"

To strip : se déshabiller.
To tease : titiller, agacer…allumer.
To striptease : se déshabiller en allumant.

Je dis striptease et tu penses à cette fille de nuit en strass et siliconne, cambrée sur sa barre, cette fille qui court de nightclub en peepshow, tu sais celui qu’est près de la gare.

Je dis striptease et tu vois l’effeuillage, les gants qui tombent, les bas résilles et le boa, Lily St Cyr en Reine du glamour, Rita Renoir Tragédienne du strip.

Je dis striptease et tu demandes: strip-farfelu, strip-pervers ou strip-frivole, Bonita Super, Foufoune Darling ou Lili La Pudeur ? il y en a pour tous les goûts. 

Je dis striptease et t’es déjà sur internet à regarder ces filles toute seules qui se déssapent en se caressant et qui sourient à leur webcam, avec tout ce désir même pas à vendre, pour rien, pour le plaisir.

Je dis striptease et c’est l’acteur qui vient sur scène, qui se fait violence, qui prend son pied, qui se fout à poil comme on dit, qui se compromet avec joie.  

Céline Milliat-Baumgartner"

"Bienvenue à mon striptease….
ça me fout la trouille autant qu’à toi, ça m’excite trop pour pas y aller une fois pour toute une fois encore, jusqu’au bout jusqu’à la mort petite ou grande, jusqu’au corps nu. Et puis après ?"





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Outils du sadomasochisme, viol et voyeurisme dans le Procès de Jeanne d'Arc de Robert Bresson

"Sexe : la quasi-totalité du film se partage entre le tribunal où Jeanne est jugée, et la cellule où elle est enfermée.

Si le tribunal est par excellence le lieu de l'affrontement politique,

la cellule est sous le signe du sexe féminin de Jeanne,

du trouble qu'elle constitue, comme jeune fille et comme vierge parmi cette société d'hommes,

du trouble supplémentaire que constitue le port de l'habit d'homme qui, loin de la déféminiser, souligne au contraire son sexe, et sa différence.

Bresson filme les mains menottées, les pieds entravés, le visage éclairé de l'intérieur par une lumière douce qui exprime une détermination sans faille, et pourtant si peu hautaine.

Il y a là une ambivalence, non dépourvue de brutalité, les outils du sadomasochisme contribuent à érotiser une figure que sa délicatesse féminine et sa proximité avec l'enfance rendent plus troublante encore.

Le statut sexuel de Jeanne est inlassablement interrogé par les juges, et par le film, sa virginité est mise en doute, on la traite de putain comme de sorcière en voix off (les mots s'équivalent : ils mènent au bûcher), on fait examiner son hymen intact - tout cela, qui est conforme aux faits historiques, est élu par le film comme une de ses lignes de force.

Surtout la violence disruptive de son sexe est directement reliée au voyeurisme :

Bresson multiplie les plans où Jeanne est observée à la dérobée par des hommes à travers des trous dans les murs ou les portes.

Warwick, le seigneur anglais qui veut la mort de Jeanne, compte sur la pression sexuelle, la menace du viol devient plus présente et plus efficace dramatiquement que cette condamnation à mort que tout spectateur sait inéluctable.

La cellule et la salle du procès ne sont pas étanches. Pour faire plier Jeanne, l'évêque Cauchon décide de poursuivre les audiences dans sa cellule, sur le terrain de son intimité.

Cette manoeuvre, dont l'objectif sera énoncé par Cauchon dans toute l'ambivalence de sa formulation (il faut "prendre la Pucelle"), ouvre la possibilité de la faiblesse de l'héroïne, qui vacille, accepte de porter un habit de femme (que Bresson ne montre pas), signe des aveux par peur de la torture, avant de renier ce moment d'abandon et de choisir son destin.

Procès de Jeanne d'Arc est une des plus belles déclarations d'amour, à une figure féminine comme à l'idée de liberté, qui jamais éclaira un écran...

Ce que Bresson lui-même appellera "une vérité non historique" : un absolu."

ROBERT BRESSON
de Jean-Michel Frodon, Collection Grands Cinéastes, Cahiers du cinéma

Jean-Michel Frodon est directeur de la rédaction des Cahiers du cinéma. Il est notamment l'auteur de L'Age moderne du cinéma français, La Projection nationale, Le Cinéma chinois, Horizon cinéma.

1962 : Procès de Jeanne d'Arc (Trial of Joan of Arc)

Réalisateur    Robert Bresson   
Scénario    Robert Bresson   
Dialoguiste    Robert Bresson   
Société de production    Delahaie Productions   
Producteur    Agnès Delahaie   
Directeur de production    Léon Sanz   
Distributeur d'origine    Pathé Consortium Cinéma   
Directeur de la photographie    Léonce-Henri Burel   
Ingénieur du son    Antoine Archimbaud   
Compositeur de la musique    Francis Seyrig   
Décorateur    Pierre Charbonnier   
Monteur    Germaine Artus

Florence Carrez Delay     (Jeanne)
Jean-Claude Fourneau    (Cauchon)
Roger Honorat    (L'interrogateur)
Marc Jacquier    (L'inquisiteur)
Michel Herubel    (Frère Isambart)
Nicolas Bang    (garde)
Alain Blaisy    (assesseur)
Henri Collin-Delavaud    (un évêque)
Jean Collombier    (notaire)
Marcel Darbaud    (Nicolas de Houppeville)
Philippe Dreux    (Frère Martin)
Guy-Louis Duboucheron    (assesseur)
Pierre Duboucheron    (un évêque)
Pierre Gauthier    (notaire)
Jean Gillibert    (Jean de Châtillon)
Arthur Le Bau    (Jean Massieu)
Yves Leprince    (Pierre Morice)
André Maurice    (Tiphaine)
Robert Minet    (Guillaume Erard)
Donald O'Brien    (prélat anglais)
Jean Payen    (garde)
Claude Péronne    (assesseur)
Richard Pratt    (Warwick)
André Régnier    (Jean d'Estivet)
Samners    (évêque de Winchester)
Eric Siroux    (assesseur)
Vernon Thompson    (assesseur)
Michael Williams    (gentilhomme anglais)
Gérard Zingg    (Jean Lohier)

DVD:

ou en Coffret Bresson 4 DVD MK2 :
Pickpocket (2 DVD); Le Procès de Jeanne d'Arc ; L'Argent





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Céline Sallette



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